abdelhaï bennani (1949 – 2015)

abdelhaï bennani était du côté de la poésie : ces quelques mots pourraient presque m’arrêter ici. dire « du côté de la poésie », c’est presque tout dire d’un homme qui travailla une vie durant une sonorité, unique (elle devrait toute l’être), belle comme une peinture de twombly, et parfaitement imbriquée dans un phrasé lui aussi tout en fragmentation lente, comme justement ces traces de couleurs qui coulaient le long des tableaux du peintre américain. je me souviens la première fois que je l’entendis en direct, c’était à new york, il était là comme un improbable miracle… et le son continuait de couler, même après le concert, tout le long du chemin du retour. il coule encore, aujourd’hui. (dl)

cheval perdu dans l’air
après la cavalcade
mirages du désert
oasis ou cascade

je suis sorti du port
par un étroit passage
et je rentre à la mort
démuni de bagage

pierre reverdy, début du poème « sable mouvant », mars 1959.

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